La nouvelle plate-forme BNIX en cinq questions

La migration a été achevée avec succès

Le nœud internet belge BNIX – ou, en toutes lettres, Belgian National Internet eXchange – a été complètement renouvelé au cours de ce mois. Les entreprises qui sont affiliées au BNIX peuvent s'échanger directement des données et ainsi recourir moins aux services des fournisseurs de transit. BNIX fait donc en sorte que les fournisseurs d'accès Internet, les fournisseurs de contenu et les grandes entreprises puissent s’échanger des paquets de données plus rapidement et à moindre coût. Elles déterminent les conditions de ces échanges dans des conventions dites de peering.

La plate-forme BNIX, qui a fêté en 2015 son 20e anniversaire, compte à l'heure actuelle 56 participants, dont des fournisseurs d'accès à Internet belges comme Proximus et Telenet, mais aussi de grandes entreprises telles que Facebook et Verizon. Belnet, qui participe également au réseau BNIX, a constitué cette plate-forme en 1995 en tant que fournisseur neutre et en assure encore la gestion à l'heure actuelle.

La semaine dernière, l'équipe réseau de Belnet a achevé avec succès la migration vers la nouvelle plate-forme. L'Ingénieur Réseau Stefan Gulinck et l’Account Manager Frédéric Libotte expliquent pourquoi et comment le nœud internet belge a été renouvelé.



L'ancienne plate-forme BNIX datait de 2010. Pour quelles raisons son renouvellement était-il devenu nécessaire ?
Stefan : « En fin de vie, l'ancienne plate-forme était à sa capacité maximale. Dans la foulée des évolutions technologiques considérables observées ces dernières années, comme l'Internet mobile, le commerce électronique, les services cloud et l'Internet des objets, nous pouvons nous attendre à ce que la croissance de l'utilisation d'Internet se poursuive en Belgique. C'est pourquoi il était nécessaire de prévoir davantage de capacité et de renouveler la plate-forme BNIX. Ainsi, grâce au BNIX nouvelle mouture, nous pouvons par exemple répondre à la demande croissante en ports 10 Gbit/s. »

Quels sont les principaux avantages de la nouvelle plate-forme ?
Frédéric : « Avant toute chose, l'accroissement de la capacité : le nouveau switch peut échanger 13,2 térabits par seconde (Tbps). À titre de comparaison, l'ancienne avait une capacité maximale de 3,5 Tbps. Par ailleurs, le nombre de ports 10 Gbit/s disponibles est nettement plus important et il se pourrait même que des liaisons 100 Gbit/s fassent leur apparition en 2016. Plusieurs clients ont déjà montré un intérêt concret pour cette technologie. En outre, le nouveau BNIX est encore plus fiable et évolutif. L'amélioration de l'efficacité énergétique n'est du reste pas sans importance non plus : bien que le nouveau switch soit quatre fois plus puissant que le précédent, il n'a besoin, à pleine capacité, que de pratiquement la même puissance en watts. »

Comment vous y êtes-vous pris pour la migration ?
Stefan : « BNIX est présent sur trois sites physiques. Nous avons tout d'abord migré le Point de présence (PoP) dans le centre de données d’Evere (Niveau 3), avant de migrer Diegem (LCL) et Zaventem (Interxion). Les migrations ont été réalisées entre minuit et 5 h ; nous avons ainsi pu limiter au minimum l'impact pour nos clients. Immédiatement après la migration, nous avons vérifié le bon fonctionnement des liaisons. En cas de problème, nous disposions aussi des coordonnées d'une personne de contact chez nos clients. Au total, tout le processus de migration, préparatifs inclus, nous a pris environ quatre mois. Nous avons dû concevoir, réaliser des analyses d'impact, élaborer des scénarii de migration, etc. Dès que nous avons été prêts, nous avons pu poser les câbles, réaliser un « proof of concept » (projet pilote) et enfin migrer tous les clients. La nouvelle plate-forme BNIX est entièrement opérationnelle depuis le 10 juin. »

En quoi la plate-forme BNIX 2016 se distingue-t-elle de la toute première plate-forme de 1995 ?
Stefan : « Il est évident que BNIX a connu une croissance exponentielle depuis ses débuts. Nous pouvons affirmer que le BNIX a évolué parallèlement à l’Internet en Belgique. La principale différence est sans aucun doute qu'à l'époque, Internet était un plus intéressant, tandis que de nos jours, il est devenu indispensable, tant dans la vie professionnelle que dans la vie privée. Par ailleurs, la capacité de la toute première plate-forme de 1995 était bien évidemment nettement inférieure et seulement six participants étaient raccordés au « X-Router ». L’appellation « BNIX » n'a été donné qu'en 1997. Au cours des premières années, le Point de présence de BNIX se trouvait encore dans le bureau de Belnet. Par la suite, deux PoP ont été prévus dans des centres de données spécialisés et le troisième PoP chez Belnet a été sous-traité à un centre de données. »

Le renouvellement du BNIX sera sans aucun doute abordé lors de l'événement annuel de réseautage (BNIX Networking Event), prévu dans le courant de cette année. Pouvez-vous déjà nous en dire davantage à ce propos ?
Frédéric : « La date de cet événement est désormais fixée : il se déroulera le jeudi 29 septembre 2016. Nous escomptons par ailleurs la présence de tous les participants à la septième édition de cette manifestation. Dans un premier temps, nous ne dévoilerons pas le lieu exact choisi pour cette rencontre, histoire de garder un effet de surprise. Je peux juste déjà vous dire que notre événement se déroulera à Bruxelles dans un lieu situé à proximité du quartier européen et que la plupart des Belges ont visité au moins une fois dans leur vie ! Nous conservons la formule des années précédentes, à savoir un mélange entre brèves présentations par Belnet et par quelques participants, suivies par un volet de networking. Cette formule est en effet très appréciée des participants. Nous nous réjouissons dès lors de pouvoir les accueillir à nouveau ! ».